ARIANESPACE ne travaille pas dans la précipitation

Pour le lanceur Ariane 5, la préparation du lancement et les échanges de données techniques sont loin de s’effectuer en temps réel.

Contrairement aux idées reçues, Arianespace ne fabrique pas des fusées. Créée en 1980, la société est spécialisée dans la prestation de services et de solutions de lancement. Elle achète donc des lanceurs, comme Ariane 5, commercialise l’espace disponible pour les charges utiles avant de faire décoller ses fusées. En 26 ans, prés de 300 contrats de service de lancements ont été signés et environ 250 satellites lancés, soit plus des deux tiers des satellites commerciaux actuellement en service. Basée à Evry (Essonne), la société dispose également d’établissements à Kourou et Guyane et de bureaux à Washington (Etats-Unis), Tokyo (Japon) et Singapour.

« La fabrication de chaque Ariane 5 fait appel à quelques 1 100 intervenants fabricants de matériels et industriels à travers l’Europe comme EADS Astrium, Scnema et sa filiale Europropulsion, AirLiquide, etc. Avant chaque lancement, il est essentiel que les informations pertinentes puissent être identifiées, sélectionnées et présentées aux décideurs, explique Francis Rabeux, responsable du département configuration chez Arianespace. Nous nous appuyons sur une base de données appelée Sonia (Système Optique et Numérique d’Informations Ariane) développée par Sonovision-Itep. Depuis 2000, la tâche de gestion des modifications, de traitement des non-conformités industrielles et de préparation des revues d’aptitude avant vol se réalise à l’aide du portail technique Lascom PLM de l’éditeur Lascom (un outil assez répandu dans l’aérospatial par exemple chez EADS Space Transportation pour la gestion des données de configuration du programme Ariane 5, ndlr.). Dès que le besoin s’en fait ressentir, l’industrie nous fait une proposition de modification. Le document technique, pièce officielle ou juridique, nous parvient souvent par e-mail ou CDRom. Nous la scannons en PDF, puis récupérons manuellement les informations et les ressaisissons dans Lascom PLM. Le fichier PDF sert enfin à donner une vision des contenus. »

Réglage moteur, modification d’une porte ou d’un câble électrique : chaque semaine, la quinzaine de personnes travaillant à la configuration et à la documentation d’Ariane 5, dont 4 salariés d’Arianespace, reçoit ainsi une cinquantaine de nouvelles modifications. Minutieuses et rigoureuses, ces opérations d’analyse d’impact sur la documentation applicable, de cas d’emploi, de simulation de résultat et de synthèse s’exécutent très lentement en comparaison à d’autres industries. Un document important sera validé sous un mois. Les documents moins importants attendront parfois deux mois !

Normal lorsque l’on sait que chaque modification enregistrée sur le serveur d’Evry équivaut à un changement sur le seuil de tir de Kourou et surtout sur le lanceur. Et vu que ce dernier est estimé à 130 millions d’euros, mieux vaut ne pas se tromper. Avec, fin février 2007, 25 vols commerciaux réussis pour seulement 4 échecs, Ariane 5 vise l’excellence.

 

Article paru dans le guide iTechnologie n°2
Dossier « Collaboration : Optimisez votre travail »
réalisé par Xavier Fodor

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